L’absentéisme en Europe est évalué entre 4 et 5%, chaque point
coûtant l’équivalent en masse salariale. Or, les individus peuvent
influencer les déterminants de santé qui dépendent pour moitié des
habitudes de vie : 20% sont d’origine génétique, 10% dépendent de
l’accès au soin et 20% de l’environnement.
Lorsque l’individu est placé dans un cadre tel que l’entreprise, les
conditions sont améliorées car celle-ci informera, stimulera de façon
régulière, concrète et personnalisée l’individu, ce qui est un
facteur-clé de succès des changements de comportement. Il est par
ailleurs de la responsabilité de l’entreprise de veiller à la bonne
santé de ses salariés.
Impliquer les entreprises
La pratique d’une activité physique et sportive (APS) n’est
certainement pas la clé de tous les maux, mais de nombreuses études
scientifiques démontrent son efficacité. Un salarié actif sera ainsi 12%
plus productif qu’un salarié sédentaire. Éliminer un des facteurs de
risque (tabac, sédentarité, surpoids, etc.) permet de gagner 9% de
productivité et de réduire de 2% l’absentéisme. Le programme "Ma santé
je m’en occupe", développé au Québec, a démontré un retour sur
investissement de 1,5 à 3 dollars pour 1 dollar investi après 3 ans.
Le fait que l’entreprise soit impliquée dans des programmes de santé a
aussi un impact positif sur son image et son attractivité auprès des
jeunes talents. La pratique d’APS peut enfin influencer positivement le
climat social, créer des liens inexistants et ainsi stimuler la
créativité et l’engagement des collaborateurs.
Le sujet des APS en milieu du travail fait l’objet de recommandations
au niveau européen et mondial. Parmi celles de l’OMS, on retiendra la
définition d’objectifs clairs ; le lien avec les objectifs stratégiques
ou tactiques de l’entreprise ; l’implication du management, des
différentes parties prenantes et des employés à tous les stades du
programme ; la communication systématique et ciblée ; la création d’un
environnement favorable ; l’adaptation du programme aux normes sociales ;
l’utilisation de mesures d’incitation auprès des employés et enfin
l’évaluation des programmes.
Le sport, un levier trop longtemps négligé
L’activité physique est pourtant trop souvent absente des
représentations du mieux-être au travail, bien qu’il existe quelques
démarches pionnières. Nous devons encore aujourd’hui passer d’une
politique essentiellement axée sur la prévention du risque à une
démarche de santé/bien-être. Il peut s’agir d’opérations très simples à
mettre en place, par des grandes (mais aussi des petites) entreprises et
avec un bon "retour sur investissement" sur le capital premier que sont
les collaborateurs. Des programmes très complets sont ainsi mis en
place avec succès par de nombreuses entreprises.
La citoyenneté d’une entreprise passe, entre autres, par la "santé
durable" de ses clients et de ses employés. Avec le milieu scolaire,
elle est sans aucun doute le microcosme le plus adéquat pour mettre en
place des politiques efficaces susceptibles de faire face aux enjeux de
santé publique dans un contexte où la productivité prime. Quant on sait
que les lieux professionnels regroupent plus de 60% de la population
mondiale, on perçoit la puissance de ce levier.

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